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De Bleeker: "ECB fait le nécessaire".

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La Secrétaire d'État au Budget Eva De Bleeker se réjouit que l’ECB prenne des mesures pour tenter d’enrayer l'inflation. C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat et les économies des citoyens. Après l'annonce de la Bank of England et de la Banque centrale norvégienne d’augmenter leurs taux de base, l’ECB a également annoncé qu'elle serait moins rapide dans l'achat de la dette publique. Cela entraînera à terme une hausse des taux d'intérêt sur la dette publique. Ce phénomène prouve que l’avertissement de De Bleeker était justifié, à savoir que l'argent n'est pas gratuit et que des efforts budgétaires sont et resteront nécessaires pour assainir et renforcer les finances publiques de la Belgique.   

Contexte  

"La vie devient plus chère" est une phrase que l'on entend souvent dans les magasins ou dans la rue lorsque les biens et les produits deviennent plus chers, sans que leur prix ne redescende ensuite. Cela peut être lié au fait qu'il y a une forte demande, alors que l'offre est à la traîne. Aujourd'hui, la hausse générale des prix, autrement dit l'inflation, est omniprésente. Cela a beaucoup à voir avec la forte reprise de l'économie après le pic de la crise corona. La demande a fortement repris, après des mois d’achats et de dépenses reportées. Du côté de l'offre, de nombreux problèmes sont apparus pendant la pandémie, comme l'approvisionnement en produits ou la disponibilité des matières premières. Cela se ressent fortement dans notre pays, qui est fortement dépendant des importations. L'inflation actuelle est également fortement influencée par les prix élevés de l'énergie.  

Cela a conduit les institutions monétaires d'Europe et du monde entier à penser que le taux d'inflation élevé pouvait sembler temporaire et qu'il se résorberait lorsque la demande se normaliserait et que l'offre rattraperait son retard. Mais entre-temps, on craint que ce soit plus que cela, ce qui est dangereux pour notre économie, et les premières banques centrales augmentent leurs taux de base.   

L'inflation a des effets variés sur les finances publiques, entraînant dans un premier temps une augmentation des recettes et des dépenses. La dette publique restera la même, mais le taux d'endettement diminuera normalement. Pour les citoyens et les entreprises, les effets sont plus négatifs. L'argent perd de sa valeur. Cela affecte le pouvoir d'achat des citoyens, car 1 euro aujourd'hui vaut moins qu'hier. Nos économies s'évaporent tout simplement sur notre compte.  

Comme l'inflation dans notre pays entraîne une indexation automatique des salaires, les entreprises devront également payer des salaires plus élevés, ce qui affaiblit leur position concurrentielle. À plus long terme, notre croissance économique sera plus faible et nos finances publiques se détérioreront. 

Cela a conduit les banquiers centraux de la Banque centrale européenne à se réunir pour discuter de la situation. La tâche principale de l’ECB est de maintenir l'inflation en Europe sous contrôle. Dans ce contexte, l’ECB elle-même crée également de l'inflation, par exemple en rachetant la dette publique et en injectant ensuite cet argent dans l'économie. Dans le contexte de la pandémie corona, l’ECB a mis en place le Pandemic Emergency Purchase Program (PEPP) à cet effet. L’ECB fixe également le taux de base. Comme dans le reste du monde, ces taux d'intérêt sont actuellement très bas, afin de maintenir suffisamment d'argent en circulation. Cela devrait conduire à des dépenses suffisantes pour lutter contre les conséquences économiques de la pandémie.   

Cependant, l’ECB a maintenant décidé de prendre les premières mesures pour freiner l'inflation et éviter qu'elle ne déraille. Elle a donc annoncé qu'elle ne rachètera plus aussi vite les dettes ou titres. Le PEPP ne sera plus prolongé dans ce contexte. Bien qu'il ne s'agisse pas encore d'une intervention directe sur les taux d'intérêt, c'est un premier pas dans cette direction.   

Comme notre taux d'endettement est très élevé, nous le ressentirons fortement dans notre pays. L'Agence de la dette a estimé quel pourrait être l'impact d'une hausse linéaire des taux d'intérêt. S'il devait augmenter de 100 points de base, soit 1 point de pourcentage, par rapport à la situation d'octobre 2021, cela entraînerait un coût supplémentaire de 660 millions d'euros en 2022, soit 0,13% du PIB pour le gouvernement fédéral.   

 

La réaction de la Secrétaire d'Etat De Bleeker  

Eva De Bleeker, Secrétaire d'État au Budget, déclare que l’ECB fait le nécessaire. La mission essentielle de l’ECB est de maintenir l'inflation sous contrôle. Selon De Bleeker, il était en effet nécessaire d'agir dans ce sens.  

De Bleeker s'inquiète des effets de l'inflation sur la population, qui voit ses économies fondre et son pouvoir d'achat diminuer. La Secrétaire d'État prévient notamment que lorsque l'inflation déraille, elle constitue non seulement une menace pour les citoyens les plus vulnérables, mais contribue également à l'érosion de la classe moyenne. Les citoyens vulnérables auront des difficultés à effectuer des achats essentiels. La classe moyenne, en particulier ceux qui n'ont pas assez d'argent pour diversifier leur épargne dans des biens qui conservent leur valeur (comme les terrains, les maisons, les œuvres d'art), doit voir ses économies s'éroder.  

Selon De Bleeker, la décision de l’ECB confirme également ce qu'elle met en garde depuis un certain temps, à savoir que l'argent n'est pas gratuit et que les taux d'intérêt sont effectivement susceptibles de remonter. L'effet que cela pourrait avoir sur notre dette publique élevée montre à quel point nos finances publiques sont vulnérables. Elle réfute également la théorie selon laquelle notre pays peut "se sortir de la dette ou de la crise" en dépensant simplement plus d'argent. Au contraire, selon De Bleeker, cela montre la nécessité de s'en tenir à la trajectoire de redressement budgétaire définie dans l'accord du gouvernement et donc de travailler à un gouvernement plus léger et plus intelligent. Dans ce contexte, elle réitère également son plaidoyer en faveur de réformes approfondies de la fiscalité et du marché du travail. Celles-ci devraient en effet donner de l'oxygène à la création d'emplois privés, qui est la voie la plus durable pour sortir de la crise.  

La Secrétaire d'Etat De Bleeker : "L’ECB fait le nécessaire pour garder l'inflation sous contrôle. Si elle venait à dérailler, elle ne ferait pas qu'appauvrir notre population, elle approfondirait également le fossé entre les riches et les pauvres. En même temps, l’ECB nous oblige à nous rendre à l'évidence. L'argent n'est pas gratuit. Nous ne pouvons pas nous débarrasser de notre déficit budgétaire ou de notre dette publique en dépensant davantage. Au contraire, un effort budgétaire soutenu et des réformes rigoureuses sont la seule véritable issue."