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Le gouvernement boucle le contrôle budgétaire

Le gouvernement fédéral a bouclé aujourd'hui le contrôle budgétaire En temps normal, un tel contrôle budgétaire implique littéralement le contrôle des recettes et des dépenses du gouvernement fédéral. Cependant, la situation actuelle, dans laquelle nous sommes encore en phase de récupération après la crise du coronavirus et dans laquelle nous traversons également des périodes de crise suite à la guerre en Ukraine, entraîne une situation exceptionnellement incertaine, tant du côté des recettes que des dépenses. Selon la Secrétaire d'État au Budget, Eva De Bleeker, il faudra assurer un suivi constant. 

En temps normal, un contrôle budgétaire implique littéralement que le gouvernement fédéral, et plus particulièrement la Secrétaire d'État au Budget, contrôle les recettes et les dépenses. Les recettes sont-elles suffisantes ? Les dépenses ne sont-elles pas trop importantes ? Qu'en est-il des accords sur l'impact budgétaire conclus au sein du gouvernement ? 

Cet exercice a maintenant eu lieu. Mais nous ne vivons pas des temps normaux. Nous sortons tout juste d'une pandémie sans précédent, une crise énergétique sévit et la guerre fait rage en Europe. C'est la raison pour laquelle, en plus du contrôle normal, de nombreux autres défis ont été abordés lors de ce contrôle budgétaire.  

4 défis à incorporer d'un point de vue budgétaire 

La crise du coronavirus 

Bien que la crise du coronavirus touche à sa fin, le gouvernement fédéral a dû débloquer des ressources supplémentaires au cours des derniers mois pour lutter contre la pandémie. Cela était principalement nécessaire pour faire face aux séquelles du variant Delta et aux conséquences du variant Omicron. Ces dépenses supplémentaires, d'un montant de 825 millions d’euros, sont actuellement en cours de règlement. Il s'agit de personnel supplémentaire dans un certain nombre de services et de ressources pour la provision en matière de coronavirus. 

La crise énergétique 

Après l'assouplissement des mesures corona les plus strictes, notre économie a connu une forte reprise. De ce fait, et en raison de la perturbation de nombreuses chaînes d'approvisionnement, nous avons connu une hausse sans précédent des prix de l'énergie. Le gouvernement fédéral a donc décidé de mettre en place différents paquets de mesures énergétiques pour protéger nos citoyens. Il s'agit de 2.046 milliards d’euros du paquet de mesures énergétiques du 14 et 18 mars 2022 qui sont incorporés dans ce contrôle budgétaire. Les décisions précédentes sur l'énergie ont déjà été prises en compte lors de l'élaboration du budget pour l'année 2022 et dans un feuilleton d'ajustement. 

La crise de l'Ukraine 

Un accident ne vient jamais seul. Une crise non plus. Alors que la fin de la crise du coronavirus semblait imminente, une nouvelle crise déclenchée.  L'invasion de l'Ukraine par la Russie a un impact considérable sur le reste de l'Europe et donc aussi sur notre pays. Le Bureau fédéral du Plan tient déjà compte d'une détérioration de 0,28% du solde de financement pour l'ensemble des administrations publiques due à une croissance économique plus faible. Pour le gouvernement fédéral, cela signifierait un montant de 1 milliard d’euro. La guerre en Ukraine montre aussi clairement que la liberté et la paix ne sont pas gratuites. Avant l'agression russe, le gouvernement fédéral avait décidé d'augmenter le budget de la défense d'environ 13 milliards. Le gouvernement y ajoute maintenant 1 milliard. Cette année, 450 millions d’euros supplémentaires seront destinés à nos forces armées. En 2023 et 2024, il s'agira à chaque fois de 275 millions d’euros. Comme toujours en situation de crise, les besoins sont très divers et doivent être résolus rapidement. C'est pourquoi, par analogie avec la provision en matière de coronavirus, nous prévoyons également une provision pour l’Ukraine. Pour l'instant, cette provision comprendra environ 800 millions d’euros pour nous permettre de répondre rapidement à divers défis. 

La crise de l’inflation 

La quatrième crise est une crise qui n'est pas isolée, mais qui est plutôt une conséquence de la crise énergétique et de la crise de l'Ukraine déjà existantes. Ces deux crises se sont considérablement renforcées entre elles. Non seulement les prix élevés de l'énergie, mais aussi l'augmentation des prix de certaines matières premières poussent à la hausse les prix de presque tous les produits et services. En plus de l'indexation automatique pour protéger le pouvoir d'achat et des mesures prises par le gouvernement pour limiter l'impact de l'augmentation des coûts de l'énergie, le gouvernement fédéral prend d'autres mesures pour protéger nos citoyens. Une attention particulière est accordée aux citoyens les plus vulnérables. Nous mettons en place une indexation des fonds destinés à l'aide alimentaire (11 millions d'euros). 

L'inflation touche aussi fortement les services publics, et donc les services fournis aux citoyens. C'est pourquoi nous indexons également les budgets des différents services et institutions. C'est le cas, entre autres, de l'INAMI (207 millions d'euros) et de la Réie des Bâtiments (11 millions d'euros). Les crédits généraux de fonctionnement et d'investissement (110 millions d'euros) sont également indexés et des provisions ont été créées pour couvrir les coûts énergétiques des entités publiques et de la SNCB (127 millions d'euros). 

Un nombre limité de dépenses supplémentaires nécessaires 

Le gouvernement a également décidé d’incorporer un certain nombre de dépenses nécessaires dans ce contrôle budgétaire. Par exemple, il a récemment été décidé de prolonger la durée de fonctionnement des prisons de Saint-Gilles et de Termonde. Il en résulte un coût supplémentaire de 1,98 million d’euros en 2022, y compris les fonds pour les soins supplémentaires. 

Conclusion 

Les différentes crises successives ont eu un impact important sur nos finances publiques. Après le contrôle et l'incorporation de toutes les dépenses liées à la crise et autres dépenses nécessaires, le solde est de environ -20.7 milliards d’euros ou d’environ 3.8 % du PIB. Il s'agit malheureusement d'une détérioration de 4.3 milliards d’euros par rapport aux chiffres du comité de monitoring . 

L'incertitude qui règne actuellement sur l'énergie et la durée de la guerre en Ukraine continueront de dominer le budget. Selon la Secrétaire d'État au Budget, Eva De Bleeker, il faudra assurer un suivi constant de la situation. Cela devra être fait conjointement avec les deux task forces, l'une pour la Défense et l'autre pour le suivi de la situation économique de notre pays. En outre, selon la Secrétaire d'État, des moments d'évaluation fixes seront nécessaires. 

La Secrétaire d'État au Budget Eva De Bleeker : «Il est évident que les crises successives ont un impact majeur sur nos finances publiques. Les crises arrivent à cheval mais repartent à pied. Nous ressentirons donc leur impact pendant longtemps. En tant que Gouvernement, nous faisons ce qui est nécessaire pour protéger nos citoyens et nos entreprises. Malgré tout, nous sommes clairement confrontés à la vulnérabilité de nos finances publiques. Il est donc impératif de continuer à prêter attention à la viabilité financière à long terme de nos finances publiques. À cette fin, nous devons continuer à travailler sur la trajectoire budgétaire pour réduire le déficit structurel. En tant que secrétaire d'État au budget, je prendrai l'initiative dans ce domaine.»