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De Bleeker s'attaque à la lutte contre le greenwashing

De plus en plus de consommateurs essaient de consommer de manière écologique. Malheureusement, certaines entreprises veulent en abuser en rendant leur produit plus écologique et durable qu'il ne l'est en réalité. Eva De Bleeker, Secrétaire d'État à la Protection des consommateurs, lutte contre le "greenwashing". D'une part, elle lance un guide pour les entreprises de bonne foi afin de les aider à éviter le greenwashing.  En revanche, elle souhaite que l'on s'efforce davantage d'infliger des amendes aux entreprises malhonnêtes. Avec ce guide, la Secrétaire d'État veut s'assurer que les entreprises fournissent aux consommateurs des informations correctes et complètes sur leurs produits et services.  

Le respect de l'environnement et la durabilité prennent de plus en plus d'importance dans les choix des consommateurs. Par leur comportement d'achat, les consommateurs veulent contribuer à l'amélioration de l'environnement et du climat. Le marché réagit également à cette situation. Les producteurs suivent leurs clients et tentent de mettre sur le marché des produits plus durables et de mettre en évidence le caractère durable de leurs produits. Cependant, il existe également des entreprises qui présentent leurs produits comme durables, sans être en mesure de prouver leurs affirmations, ou - dans le pire des cas - sans même que celles-ci soient vraies. C'est ce qu'on appelle l'écoblanchiment ou le greenwashing. Il y a des entreprises qui font cela par ignorance. Il existe également des entreprises qui tentent délibérément d'améliorer l'image de leurs produits moins écologiques, voire de la falsifier.   

Une étude menée par la Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs a montré que l'écoblanchiment est un réel problème. Ils ont examiné 344 affirmations douteuses. L'Inspection économique a participé à la recherche pour notre pays. Les chiffres sont très clairs.  

  • Dans plus de la moitié des cas, les consommateurs n'ont pas reçu suffisamment d'informations pour évaluer l'exactitude de l'allégation.  

  • Dans 37 % des cas, l'allégation impliquait des déclarations vagues et générales telles que "conscient", "durable", "écologique", créées pour donner l'impression qu'il n'y avait pas d'impact négatif sur l'environnement.  

  • Dans 59% des cas, il n'y avait pas de preuve facilement disponible pour soutenir la demande.  

  • Dans 42 % des cas, les autorités chargées de la protection des consommateurs avaient des raisons de croire que l'allégation était fausse ou trompeuse et donc susceptible de constituer une pratique commerciale déloyale telle que définie par la loi (dans le cas belge, le Code de droit économique). 

La secrétaire d'État à la Protection des consommateurs, Eva De Bleeker, veut donc s'engager dans la lutte contre le greenwashing. Cette lutte n'a pas seulement été incluse dans l'accord du gouvernement, mais est également une priorité dans sa note de politique générale.  

Dans un premier temps, De Bleeker veut séparer le bon grain de l'ivraie, à savoir les entreprises qui se rendent coupables de certaines formes de greenwashing par ignorance d'une part et, d'autre part, les entreprises qui font sciemment de la poudre aux yeux. Ces fausses allégations environnementales sapent la confiance des consommateurs.   

Afin d'aider le premier groupe, De Bleeker publie un guide pratique qui devrait aider les entreprises à reconnaître les formes d'écoblanchiment et à les éviter dans leur propre marketing et publicité.   

Le guide pratique fournit un certain nombre d'éléments qui devraient permettre de reconnaître l'écoblanchiment. Il s'agit notamment de mensonges ou d'informations incorrectes, d'informations non crédibles, de termes vagues et ambigus, de pseudo-étiquettes, etc. Le guide propose également des moyens de bien faire les choses.   

  • Utilisez une formulation définie, claire, précise et explicite.  

  • Fournissez des informations précises, complètes et facilement accessibles sur les attributs environnementaux  

  • Rédigez des messages qui sont proportionnés à la réalité  

  • Utilisez des logos, des graphiques ou des présentations qui ne sont pas ambigus et ne donnent pas une fausse impression.  

  • Évitez les allégations qui ne sont pas pertinentes  

  • Fournissez des preuves pour vos allégations environnementales 

Si les entreprises utilisent ce guide pratique, de nombreuses formes d'écoblanchiment involontaire peuvent être évitées. D'autre part, cela signifie qu'il est logique que les entreprises qui pratiquent encore l'écoblanchiment soient traitées plus sévèrement. Pour ceux qui sont conscients de ce qui n'est pas autorisé, ou qui devraient l'être, et qui continuent à bafouer les directives, une approche stricte est la plus juste.  

Cette approche sera également poursuivie plus vigoureusement. Lorsque les allégations environnementales sont fausses ou trompeuses ou ne peuvent être vérifiées, elles sont considérées comme des pratiques commerciales déloyales en vertu du Code du droit économique. Cela signifie qu'elles peuvent également être sanctionnées. En fonction du degré de violation, les amendes peuvent atteindre 80 000 euros, voire 200 000 euros.   

De Bleeker veut également faire pression dans ce sens. En fonction de cela, elle appelle les consommateurs à signaler les allégations environnementales douteuses sur le point de contact de l'Inspection économique (pointdecontact.belgique.be). Elle fera également pleinement usage de son droit d'initiative pour ordonner des enquêtes afin que l'Inspection économique examine les éventuels cas de greenwashing.   

La Secrétaire d'Etat De Bleeker : "Les consommateurs ont de plus en plus de mal à savoir s'ils font un achat conscient ou s'ils achètent un produit "greenwashing". Si on présente son produit, service ou approche plus écologique qu'il ne l'est réellement, on trompe le consommateur. Nous voulons aider les entreprises à éviter cela en les informant de ce qu'est l'écoblanchiment et de ce qu'il ne faut pas faire. Ceux qui continuent ensuite sciemment à tromper les consommateurs avec des allégations environnementales mensongères."  

 

 

Éléments de reconnaissance de l'écoblanchiment  

  • Information mensongère/incorrecte  

    • Il n'y a pas de bénéfice environnemental lié au produit ou au service.   
      • Ex. Présenter un désherbant connu pour sa toxicité comme respectueux de l'environnement 

      • Ex. Présenter les appareils ménagers comme écologiques alors que les tests montrent qu'ils ne sont pas plus performants que les autres.  

    • Le développement durable est absent ou très limité  
      • Ex. Une organisation qui utilise des ressources d’énergie renouvelables pour fournir de l’énergie aux bureaux, mais qui produit des marchandises dans des circonstances très polluantes 

  • Informations non crédibles  

    • Un argument écologique est utilisé pour promouvoir un produit nuisible à la santé  
      • Ex. L'avantage environnemental de la publicité pour le tabac alors que la culture du tabac utilise beaucoup d'eau et de produits chimiques et favorise la déforestation.  

  • Promesse disproportionnée 

    • On fait croire que l’avantage est beaucoup plus important qu’il ne l’est en réalité (voire même que l’impact sur l’environnement est nul) 
      • Ex. Metre l’accent sur une matière première moins polluante, mais passer sous silence l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre due au transport 

  • Des mots et termes vagues, imprécis, ambigus, absolus  

    • Des mots qui ne sont pas clairement définis  
      • Ex. durable  

      • Ex. Protection de l’environnement  

      • Ex. Favorable pour la planète  

      • Ex. Pure nature  

  • Des informations insuffisamment pertinentes ou manquantes 

    • L’avantage environnemental n’est pas ou pas suffisamment expliqué 
      • Ex. Compostable, mais il n’est pas mentionné comment, quelle partie et l’avantage quantitatif 

  • Une image visuelle trompeuse 

    • Les visuels utilisés n'ont pas de relation directe avec le produit, le service ou l'approche.  
      • Ex. Symbole ou couleur qui fait référence à la nature mais qui, en fait, n'a aucun effet positif ou seulement un effet positif minime.  

  • Pseudo-label/logo   

    • Label ou logo auto-déclaré qui ressemble à un label officiel et certifié de manière indépendante.  
      • Ex. Reconnaissance ou recommandation par une institution publique ou privée 

  • Mettre en évidence une action non pertinente  
    • Une allégation environnementale sur base d’une action responsable mais non liée au produit 

      • Ex. Action ne concerne que les activités administratives de l'entreprise et non le processus de production 
  • Fausse exclusivité  

    • L’avantage écologique est présenté comme étant exclusif mais en en fait une obligation légale  
      • Sans CFC 
  • Absence de preuves  

    • L’allégation ne peut être justifiée par une preuve scientifique appropriée et pertinente 

  

Exemples 

Exemple 1  

Une boutique en ligne offre aux consommateurs la possibilité de filtrer l'offre de vêtements en fonction de la "durabilité". Les consommateurs qui utilisent ce filtre verront apparaître une gamme de vêtements portant le terme "choix durable". La boutique en ligne ne mentionne pas ce qui est durable dans les vêtements présentés. L'utilisation du filtre de "durabilité" et de l'allégation "choix durable" n'est pas claire et peut être trompeuse. Il n'est pas expliqué quels sont les avantages de la durabilité des vêtements présentés, alors que la durabilité dans les vêtements peut se rapporter à divers avantages. Par exemple, la consommation d'eau, la non-utilisation de pesticides et d'herbicides dans la production, l'utilisation de cuir "végétalien ou vegan" ou les conditions de travail chez les fournisseurs. La boutique en ligne doit donc indiquer quels sont les avantages spécifiques en matière de durabilité pour chaque vêtement qu'elle présente comme étant un "choix durable".  

Exemple 2   

Il est trompeur de prétendre qu'un déodorant est "sans CFC" alors que tous les déodorants doivent être sans CFC. L'allégation doit être clarifiée pour refléter fidèlement le bénéfice environnemental du produit. Par exemple : "Comme d'autres produits similaires, ce produit ne contient pas de CFC" ou "Sans CFC comme l'exige la loi".  

Exemple 3  

Une entreprise ne peut pas prétendre qu'un certain type de papier ne contient pas de bois dur tropical, car le bois dur tropical n'est pas utilisé pour fabriquer du papier. Cela pourrait amener les consommateurs à croire que le bois dur tropical est toujours utilisé dans la production de papier et que le papier en question présente un avantage environnemental important.